Le Gulf Stream est issu de la jonction de deux courants : d'une part le courant nord-équatorial, venu des côtes africaines ; d'autre part le courant des Caraïbes, qui trouve son origine dans l'Atlantique Sud et contourne les Antilles par le golfe du Mexique. Les forts vents équatoriaux générés par la grande quantité d'énergie solaire reçue par la région équatoriale mettent en mouvement les eaux de la région des Caraïbes. Etant donné qu'il y fait chaud et qu'il n'y pleut pas beaucoup, ces eaux sont chaudes et très salées (de grandes quantités d'eau s'évaporent, mais le sel reste).
Ces masses d'eau chaude et salée deviennent un large courant qui prend la direction de l'Atlantique Nord. Malgré le fait que son eau soit très salée, ce courant reste en surface car il est aussi très chaud (comme on l'a montré dans la partie sur l'influence de la température et de la salinité sur la densité de l'eau).
Le Gulf Stream traverse ensuite l'Atlantique, et réchauffe sur son passage les côtés de l'Europe de l'Ouest qu'il contourne pour remonter vers le Nord. Arrivées dans l'Atlantique Nord, ses eaux commencent à se refroidir. Et donc, pour une température égale, elles sont beaucoup plus salées que les eaux environnantes. Elles plongent donc vers le fond de l'océan.
C'est dans les mer de Norvège, du Labrador et du Groenland que ces eaux coulent et forment un courant profond appelé le North Atlantic Deep Water (NADW). Ce phénomène est très important : 20 à 30 millions de m3/s plongent ainsi dans l'océan Atlantique Nord.
D'autre part, le Gulf Stream est aussi mis en mouvement par les grandes circulations anticycloniques subtropicales que l’on rencontre dans tous les océans : ceux des Açores et de Sainte Hélène pour l’Atlantique, engendrées par l'inégale répartition de la chaleur solaire.
Les vents y tournent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord et à l’inverse dans l’hémisphère sud. Ce sont par exemple dans l’Atlantique nord la circulation des vents d’ouest au nord de l’anticyclone des Açores et les alizés de nord-est sur ses flancs est et sud. Le Gulf Stream n’est donc que le courant de bord ouest de la circulation anticyclonique océanique générée par l’anticyclone des Açores comme le courant des Canaries en est le courant de bord est.
On peut dire aussi dire que le Gulf Stream n'est en fait que la partie émergée de la circulation thermohaline : l'eau engloutie en Atlantique Nord s'écoule vers le sud, jusqu'en Antarctique, passe dans le Pacifique. Elle réapparaît à l'air libre, puis replonge et enfin, refait surface pour remonter l'Atlantique. D'après les calculs des scientifiques, ce parcours durerait environ mille ans.
Si la formation d'eau profonde dans les mers de Norvège, du Labrador et du Groenland venait à s'arrêter, et si la cellule anticyclonique de l'Atlantique venaient à s'arrêter, on pourrait donc craindre avec raison un arrêt ou un fort ralentissement du Gulf Stream. Ceci sera développé dans la IIIèmepartie de notre TPE.
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